Qui
a mis en place la sécurité sociale ?
Régulièrement ceux qui ne supportent pas qu’un
ministre communiste ait mis en place la Sécurité sociale, cherchent à voler l’histoire
ouvrière. En effet qu’un ministre communiste soit à la tête de la plus grande
conquête sociale est contradictoire avec la propagande anticommuniste.
Essayons de remettre un peu d’ordre. L’Histoire c’est des
faits et de la chronologie.
Certes, et c’est important, Ambroise Croizat n’est pas
parti de rien. Sans remonter à la loi du 22 mars 1841 (première loi
sociale) qui interdit le travail des enfants de moins de 8 ans dans les
manufactures et les fabriques, et qui fut l’objet d’une réaction hostile du
patronat comme pour toutes les lois sociales, préexistaient les Assurances
sociales. Elles prévoyaient une couverture partielle du risque maladie et
vieillesse pour les salariés payés en dessous d’un seuil. À la veille de la Deuxième
Guerre mondiale, un salarié sur trois bénéficie d’une retraite modeste.
Comme on peut le constater, cela ne ressemble que de
très loin à la Sécurité sociale telle que nous la connaissons.
Pour comprendre il faut partir du Conseil National de
la Résistance, car comme l’a dit Alexandre Parodi ministre du travail et de la Sécurité
sociale nommée par le général De Gaulle et signataire des ordonnances : « C’est
bien dans la clandestinité, dans la résistance qu’il faut chercher l’origine de
l’ensemble de la législation sociale que nous avons faite en 1945 et j’entends
par là, à côté de la Sécurité sociale, les Comités d’entreprise et la réforme
des échelles de salaire ».
Dans un discours prononcé sur radio Alger le 27
août 1943 Ambroise Croizat parle déjà des mesures à prendre à la Libération.
Il parle de « redonner à la nation sa grandeur et aux travailleurs la place
qu’ils méritent par leurs efforts et leur sang versé, telle sera notre tâche.
Les larmes et la mort n’auront pas été vaines. Elles accoucheront de la France
nouvelle, celle des
nationalisations et de la sécurité sociale… ». Dès avril 1944, à Alger, il anime un
groupe de l’Assemblée consultative qui définit les grandes lignes du projet
(1).
Dans un livre d’entretiens avec l’historien
Claude Willard, le communiste « Pierre Villon résistant de la première heure
» raconte.
Au cours de l’été 1943, Émile Laffon (pseudonyme
Lachaud), envoyé en mission par le commissaire de l’intérieur du gouvernement d’Alger,
André Philip, propose aux CNR une charte, une sorte de manifeste pour l’après-guerre.
Au même moment, offensive des MUR (Mouvements Unis de Résistance), menée par
Bourdais, Baumel, Altman : que le Front National (celui de la résistance) se
fondent dans les MUR : une de ces nombreuses manœuvres de certains barons de la
Résistance zone sud ; ils viennent avec une charte d’unification, chantant de
douces mélodies pour l’après libération, en fait des promesses démagogiques et
peu consistantes.
Nous ne pouvions nous cantonner dans une attitude
négative. J’opte pour la rédaction d’un contre-projet qui, d’une part, reconnaisse
l’autorité du CNR, d’autre part, ajoute, aux beaux engagements pour l’avenir,
la définition d’objectifs immédiats, notamment une condamnation formelle de l’attentisme.
Mais avant de déposer le projet, j’ai une entrevue - la
seule que j’ai eue pendant toute cette période - avec Jacques Duclos et Benoist
Frachon. Nous échangions, Jacques Duclos et moi, une correspondance régulière,
une à deux fois par semaine.… Sur les nationalisations à insérer dans le
programme du CNR. Les nationalisations constituaient la tarte à la crème des
socialistes et, sous ce terme, il était loisible de tout mettre, y compris les «
nationalisations du déficit » (comme celle de la SNCF en 1937). Nous donnons
notre plein accord à la nationalisation « des grands moyens production »,
des compagnies d’assurances des grandes banques. C’est Jacques lui-même qui
rédige la formulation qui sera plus tard adoptée. Je possède l’original du « Projet
d’une charte de la résistance » que j’ai déposée au nom du Front National à l’assemblée
plénière du CNR, le 26 novembre 1943. Le programme du CNR, adopté seulement en
mars 1944, reprend dans sa première partie presque intégralement notre projet
et, dans la deuxième partie introduit quelques modifications du notamment aux
représentants de la CGT, Saillant, et y ajoute des bribes du texte de Laffon.
Voilà qui donne un éclairage sur la création et le
vote à du programme du CNR le 15 mars 1944. Certes ce vote a lieu à l’unanimité,
mais nous verrons plus loin que ça n’était qu’un consensus de façade.
Le projet d’ordonnance organisant la Sécurité sociale
est issu d’un rapport présenté par Georges Buisson de la CGT au nom de la commission
sociale de l’Assemblée nationale provisoire présidée par Ambroise Croizat. Ce
rapport est adopté le 31 juillet 1945 par 194 voix pour, une
voix contre, celle de Joseph Denais (droite), mais il y a 84 abstentions
pour la plupart des députés MRP, la CFTC et quelques radicaux. Ce qui invalide
la thèse du consensus. D’ailleurs la CFTC au niveau confédéral, refusera de
participer à la mise en place de la Sécurité sociale.
Les ordonnances sont publiées les 4 et 19 octobre 1945.
Elles sont signées par Alexandre Parodi. De Gaulle ne les signera pas. Selon Pierre
Laroque il aurait été à Moscou ce jour-là. C’est dire l’intérêt qu’il portait à
la Sécurité sociale.
Le rapport des forces.
C’est le point obscur de nos historiens hostiles aux
communistes.
Le 21
octobre 1945 aux élections de l’assemblée constituante les communistes
obtiennent 26,2 % des voix et 159 députés, la SFIO obtiendra 23,5 % et le MRP
(la droite) 23,9 %. Le PCF devient le premier parti de France.
Lors de l’élection de la première Assemblée nationale
de la IVe République, le 11 novembre 1946, le PCF réalisera même 28,2 %
et 183 sièges. (3)
Le 13 novembre 1945,
De Gaulle est élu chef du gouvernement par l’assemblée constituante. Lors de l’élection
de la première Assemblée nationale de la IVe République,
Le 22 novembre 1945
soit 32 jours après la publication des ordonnances, Ambroise Croizat devient
ministre du Travail et de la Sécurité sociale. Il sera chargé de la mise en
place de ce grand organisme. (2)
La droite ne renonce pas et ne renoncera jamais. Le 22
décembre 1945 (79 jours après la publication des ordonnances) le MRP qui
soutient De Gaulle, présente une proposition de loi qui a pour objet de
modifier l’ordonnance du 4 octobre… on devine dans quel sens. Cette proposition
de loi sera rejetée.
Le 20 janvier 1946 soit 108 jours après la
publication des ordonnances, De Gaulle démissionne du gouvernement, il ne
supporte pas de siéger avec quatre ministres communistes. Ce qui le met dans l’impossibilité
de participer à la mise en place de la Sécurité sociale quand bien même l’aurait-il
voulu.
La loi portant généralisation de la Sécurité sociale
portée par Ambroise Croizat énonce dans son article premier :
Tout Français résidant sur le territoire
de la France métropolitaine bénéficie, sous réserve des dispositions prévues à
l’article 29 de la présente loi, …
Cette loi est signée par Félix Gouin président du
gouvernement provisoire, Ambroise Croizat ministre du travail et la sécurité
sociale, André Philip ministre des finances, Jean Letourneau ministre des PTT, Francisque
Gay Vice-président du conseil…
Le PCF et dans une dynamique, en avril 1946 des
sondages laisser espérer un score de 32 % pour les législatives à venir. Dans
le même temps la CGT progressait passant de 4,5 millions à la libération à 6
millions en 1947.
Le 8 août 1946
à l’Assemblée nationale constituante, Ambroise Croizat rappelle que l’ordonnance
du 4 octobre 1945 a été le produit d’une année de travail de la commission
sociale qu’il présidait.
Cette grande réforme n’appartient à aucun parti, à
aucun groupement et a aucune confession. Elle est le produit d’une longue
étude, d’un ensemble d’enseignements nés d’une expérience de 15 longues années
du fonctionnement des assurances sociales. Cette sécurité, née de la terrible épreuve que
nous venons de traverser, appartient
et doit appartenir à tous les Français et à toutes les françaises sans
considération politique, philosophique, religieuse. C’est la terrible
crise que le pays subit depuis plusieurs générations qui lui imposent ce plan
national cohérent de sécurité. (4).
Le fait qu’Ambroise Croizat déclare que la sécurité
sociale doit appartenir à
tous les Français et à toutes les Françaises sans considération politique,
philosophique, et religieuse est tout à son honneur et n’affaiblit pas
son rôle dans la construction et la mise en place de cette grande institution.
Dans son livre « Quand nous étions ministres »
François Billoux relève qu’Ambroise Croizat assurera des centaines de
réunions pour mettre en place le plan de Sécurité sociale et de prestations
familiales, pour expliquer aux personnes âgées le programme en cours concernant
la retraite. (5)
Dans son mémoire de DEA en vue d’une thèse de doctorat
en sciences politiques, le chercheur américain Henry C. Galant relève page 84
que les défenseurs les plus actifs du nouveau plan de sécurité sociale et de
son application été les communistes et la CGT.… Et page 87 Notons, d’ailleurs,
que c’est grâce aux efforts de la CGT que les caisses furent prêtes à
fonctionner à la date prévue (6).
En 1948 dans son discours
de Compiègne, De Gaulle met l’accent sur la nécessité de réduire les dépenses
sociales en ces termes : « réduire les dépenses de manière durable et
effective ; cela comporte, en effet, la suppression de service entier, la mise
en ordre radical des entreprises nationalisées, la réforme profonde du
fonctionnement des assurances sociales » (7).
Le 30 décembre 1958 à peine revenue au pouvoir,
De Gaulle instaure par décret des franchises applicables au 1er
janvier 1959. Ces franchises seront retirées en juillet de la même année grâce
aux luttes syndicales.
Le 12 mai 1960 un décret du gouvernement De
Gaulle organise par décret la mainmise de l’État sur la Sécurité sociale.
En août 1967 les ordonnances De Gaulle - Jeanneney
mettront fin à 20 ans de gestion par les travailleurs (majoritairement par la
CGT) de la sécurité sociale en introduisant le paritarisme qui de fait donne la
majorité au patronat.
Dans un entretien à la revue le droit ouvrier, d’octobre
1995, Pierre Laroque directeur de la sécurité sociale au ministère Ambroise
Croizat dira : « le général De Gaulle ne m’a jamais parlé de sécurité sociale.
Je l’ai rencontré à plusieurs reprises. Il ne m’en a jamais parlé ».
Voilà pour l’action de De Gaulle sur la sécurité
sociale qu’il appellera toujours les « Assurances sociales » et sans
doute pas par hasard.
Et n’oublions jamais : ni pacte républicain, ni État
providence, la Sécurité sociale est une conquête.
Michel CIALDELLA
Bibliographie.
1. Ambroise
Croizat ou l’invention sociale - Michel Etiévent. Éditions Gap. 2012.
2. Un
siècle de réformes sociales. Une histoire du ministère du Travail 1906-2006. La
documentation française.
3. L’archipel
communiste, une histoire électorale du PCF. Roger Martelli. Éditions sociales.
2008.
4. Extrait
du bulletin de liaison numéro 14 de l’association pour l’étude de l’histoire de
la sécurité sociale.
5. Quand
nous étions ministres. François Billoux. Editions sociales.
6. Histoire
politique de la sécurité sociale française 1945-1952. Henry C Galant. Comité d’histoire
de la sécurité sociale. Ouvrage abondamment cité par ceux qui écrivent sur la
sécurité sociale dont je me demande s’ils l’ont vraiment lu.
7. Traité
de sécurité sociale : le droit de la sécurité sociale. Yves Saint-Jours. LGDJ
1984.
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